Chants de Kabîr

J'entends dire que tu me cherches...


« Dis-moi, Frère, comment puis-je renoncer

à l’illusion ?

Bien que j’aie renoncé à mes parures,

Je tiens toujours à mes vêtements.

Lorsque je renonce à choisir mon habit, je continue malgré tout à couvrir mon

corps dans ses replis.

De même, dès que je renonce à la passion,

je vois qu’il reste encore de la colère ;

et lorsque je renonce à la colère,

c’est l’envie qui m’habite.

Mais quand l’envie est vaincue, l’orgueil et l’ambition sont toujours là.

Quand l’esprit est détaché et bannit l’illusion, il s’agrippe encore à sa forme.


Kabîr dit : Ecoute, mon ami, la vraie voie est rarement trouvée ! »

Extrait, paragraphe 23, Version de Rabindranath Tagore, traduction de Michèle-Rose Wainhouse